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 {Raphi} Instant éphémère

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Marie-Amélie Dreams

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MessageSujet: {Raphi} Instant éphémère   Dim 29 Nov - 17:09

Caro diario

Oggi è il Venerdì. Odio il venerdì. è solo che ... voglio dire, è la fine. Un nuovo inizio. So che la gente ama il week-end, ma a me ... Io li odio. I miei nonni mi avrebbe chiamato. Sono preoccupato se tu sapessi ... proprio come se fossi un bambino. Ma posso capire, dopo la morte dei miei genitori, che probabilmente pensano che io sia intenzione di uccidere anche me. È così ...


Marie-Amélie referma brusquement son carnet, essuyant rageusement une larme qui coulait, isolée, sur sa joue. Elle en avait assez. L’année venait à peine de commencer. A peine. Et déjà, elle sentait que quelque chose avait changé. Que rien ne serait plus comme avant. Elle avait changé. Sa joie de vivre, son enthousiasme, son optimisme… c’était difficile de garder la tête haute. Elle essayait de tenir un journal, pour se confier à quelque chose, mais les mots ne sortaient pas. C’est pour cela qu’elle était si frustrée. Son cœur sur le point d’exploser lui rappelait qu’elle devait se contenir. C’était peut-être la seule chose réellement importante. La seule chose qui vaille la peine. Cacher. Se cacher. Cacher la vérité à tous ceux qu’elle aimait. Pour leur éviter quoi ? La déception, la tristesse. Un jour, quand cela ne sera plus possible, peut-être partira-t-elle. Peut-être laissera-t-elle une lettre d’excuse derrière elle. Peut-être sera-t-elle capable d’avouer qu’elle a eu tort.
Du moins savait-elle désormais à quoi servirait son talent. Du moins savait-elle qu’elle n’irait jamais plus loin. Elle devait aider les autres à réaliser un rêve auquel elle devait renoncer. A cette pensée, Marie-Amélie serra les poings. Elle haïssait cette pensée. Mais elle devait être forte. Elle était forte. Plus que son père en tout cas, c’était certain. Lui, il n’avait pas surmonté les difficultés, il ne s’était pas battu pour elle. Sa propre fille. Il avait fallu que d’autres personnes le fassent, que d’autres personnes tentent de la réconforter. Elle s’était retrouvée toute seule et ne le lui pardonnait pas. Elle ne voulait pas lui ressembler. Ni de près, ni de loin. Cela fut peut-être la cause de sa peur irrationnelle de faire souffrir.
Elle quitta sa chambre à vingt heures trente, fatiguée, agacée, tentant d’afficher un sourire de circonstance, saluant avec entrain les personnes qu’elle croisait. Ils ne pouvaient pas savoir ce qu’elle vivait, et peut-être leur en voulait-t-elle pour ça. Mais ce n’était pas leur faute, ni leur problème.
Vêtue d’une robe blanche lui arrivant aux genoux et de talons hauts assortis, on pouvait bien se demander ce qu’elle faisait, la petite Marie-Amélie. Elle quitta l’établissement, traversa le parc en courant presque, autant vous dire qu’avec des talons, ce n’était pas si facile, et s’arrêta près du lac. Elle resta quelques temps à le fixer, interdite, ne sachant pas ce qu’elle allait faire. Elle avait tellement mal à la tête. Et puis cette petite musique, qu’elle entendait en permanence résonner… Elle enleva ses chaussures et s’approcha de l’eau. Petit à petit, l’eau lui arriva aux chevilles, puis aux genoux, touchant presque sa robe éclatante. Elle était si bien. Un sourire illumina son visage. Un vrai sourire, un vrai bonheur. Petit moment éphémère, et alors ? Elle resta là, n’osant plus bouger, pour capturer l’instant. Dans sa tête, des notes se gravaient une à une, comme si une mélodie venait au monde. Elle composait, tout simplement.
Vu de l’extérieur en revanche, le spectacle pouvait paraître plus étonnant. Une jeune fille, seule, au milieu de l’eau, vêtue d’une robe, elle semblait plutôt être folle. Peut-être suicidaire puisque l’on ne la voyait que de dos. On ne pouvait voir son sourire, ses yeux fermés, bercés par le silence…


[HJ] Traduction du journal

Mon cher journal,

Aujourd’hui est vendredi. Je hais les vendredis. C’est juste que… Je veux dire, c’est la fin. C’est un début. Les gens aiment le week-end, mais moi… Je le déteste. Mes grands-parents vont m’appeler. Ils sont inquiets, si tu savais… comme si j’étais une gamine. Mais je peux les comprendre, depuis la mort de mes parents, ils pensent probablement que je vais me tuer aussi. C’est tellement…[/HJ]
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Raphaёl W.Hyadum
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MessageSujet: Re: {Raphi} Instant éphémère   Jeu 3 Déc - 4:32

Découvrez la playlist raph avec PianoClassicsOnline.com

T'as dit que tu reviendrais.
T'as menti.

    Ça commence par une note ; un son si doux qu’on croit l’avoir rêvé. Un baume sur le cœur, qui transperce l’âme, touche les profondeurs de l’être. Et le reste s’enchaîne, tantôt pianissimo, tantôt fortissimo. On respecte les nuances, s’il-vous-plaît… Les touches s’animent par elles-mêmes, les mains ne reconnaissent plus leur maître, elles s’agitent. Blanc, noir, blanc. La musique retentit, elle traverse les murs, s’impose avec grâce et délicatesse. Et on se laisse emporter dans la danse, on ne fait qu’un avec elle. Alors, au moment où tout autour n’existe plus, elle s’éteint. Elle frémit d’abord, comme une personne à l’agonie…puis faiblit. Avant de disparaître. Comme si elle n’avait jamais existé.

    Amandine – « C’est ici que tu te cachais?»

    L’homme leva la tête de son piano, arquant les sourcils devant cette visiteuse inopportune. Blonde, décolleté en évidence, celle-ci l’observait de ses yeux verts avec dédain. De sa paume, l’adulte effleura son instrument avec tendresse, comme s’il y cherchait un quelquoncque courage.

    Raphaël – « C’était une erreur. Je suis désolé.»

    Quelques secondes plus tard, la furie fermait la porte avec rage. Raph’ se laissa tomber sur son précieux allié, en lâchant du même coup un soupir de soulagement. Ses potes avaient jugé approprié de lui dégoter une belle jeune femme, dans l’espoir vain de le voir réagir. La soirée avait été une catastrophe. Oh, Amandine était très jolie…Superficielle, narcissique, grossière, dédaigneuse mais très jolie. Pour la majorité de ses amis, c’était la copine idéale pour passer du bon temps. Mais en ce qui le concernait, c’était nettement insuffisant. Comment pourrait-il oublier Elena au profit d’une simple aguicheuse ? Cette idée le révulsait.

    Elle était couchée sur son lit d’hôpital, une intraveineuse plantée dans sa peau. Cette même chair qu’il avait caressée, embrassée, dans cette douce transitude où l’amoureux se croit supérieur aux autres hommes dans ses prouesses. Ses lèvres pâles remuaient doucement, chuchotant des mots qu’il ne pouvait comprendre mais qu’il devinait, par cette simple habitude qu’ont les amoureux de ne plus se fier à la communication terrestre. Les yeux de Raph’ brillaient de larmes qu’il ne voulait pas verser ; elle méritait un homme fort, non un lâche. Doucement, il prit ses main dans les-siennes, un sourire triste sur son visage. Son ange allait survivre. Le contraire était impossible.

    Elle lui manquait tant ! Il avait pourtant tout essayé, pour la chasser de son esprit… L’alcool, les clopes, les autres filles. Mais elle continuait à le hanter, à le poursuivre dans ses rêves et ses pensées, jusqu’à ce qu’il en devienne fou. La musique, cette bien-aimée qui ne l’avait jamais trahi, semblait elle aussi se liguer contre lui. Ces pièces qu’il avait chéries dans le passé ne transportaient plus que des notes ; elles avaient perdu leurs histoires, leurs teintes qui les rendaient si chères à son cœur.

    Il courrait sans s’arrêter, sans prendre le temps de fusiller du regard les passants qui l’observaient, dubitatifs. Il fuyait la mort, comme s’il craignait qu’elle vienne lui aussi le chercher, sans laisser de traces. Il courrait avec ce besoin ardent de vivre et cette envie de n’être plus de ce monde. Il fuyait ce cadavre blanchâtre, inanimé, qui avait eût la prétention de prendre la forme de sa bien-aimée, simplement pour l’effrayer. Il courrait jusqu’à se perdre dans les dédales de sa peine et son désarroi, jusqu’à atteindre ce gouffre où même les adultes les plus coriaces ont l’obligation de s’arrêter. Les yeux brouillés de crystals, il hurlait. La bouche pâteuse, pleine de mots d’amour qui ne seront jamais dévoilés, il pleurait. Parce qu’il n’était qu’un homme, seul avec sa souffrance.

    Ne plus réfléchir, perdre toute notion de la vie, s’en fabriquer des nouvelles. Raph se leva, abaissa le couvercle du piano . Les souvenirs revenaient en force, aujourd’hui. Ces indésirables glissaient en boucle dans son esprit, l’obligeaient à revoir des scènes qu’il pensait avoir éradiquées de sa mémoire. Le jeune homme n’attendit pas la prochaine vague ; il sortit du studio et se dirigea vers l’extérieur. Le soleil brillait avec éclat dans le ciel , baignant le parc d’une douce lumière dorée. Au loin, un ange blanc s’avançait dans l’eau. L’homme l’ admira un instant avant de se diriger vers celui-ci. Il avait envie de l’accompagner. Le tirer par l’aile, l’obliger à le faire monter lui aussi au ciel. Alors, il retrouverait enfin sa douce…

    Il cognait de toutes ses forces, avec acharnement. Le sang coulait sur son bras, allait se perdre dans la terre pour nourrir les insectes. Il tachait de rouge la pierre, marquait à jamais son âme, en décidant de se battre contre ce qui ne pouvait être vaincu. Des gouttes de sueur perlaient sur son front : il tremblait. À côté de lui, une fille frêle tentait désespérément de le raisonner. C’était peine perdue : il était comme un fou, sourd aux supplications de l’enfant. À bout d’arguments, elle se plaça entre l’objet et lui. Son bras retomba, de-même que son corps, alors qu’il se laissait tomber sur le sol avec lourdeur. La petite posa un bras sur son épaule, caressant doucement sa joue. Il n’est jamais facile de dire aurevoir.

    Ce n’était pas un être céleste. Cette triste vérité fît sortir le pianiste de ses rêveries ; c’était Marie-Amélie, son amie, sa confidente. Un sourire se peint sur son visage jusqu’à ce qu’il prenne conscience de la précarité de sa situation …Que faisait-elle là ? Ne pas imaginer, ne pas se laisser guider par ses perceptions…Tel était son mot d’ordre. Le musicien s’obligea donc à s’arrêter, pour mieux observer celle qui le connaissait si bien. Pendant un court instant, il fût subjugué par la beauté soudaine de son amie ; sa robe blanche, son éclat, là, dans le lac… L’homme secoua la tête. Elena aussi, ressemblait à un ange.

    Raphaël – « Si tu m’aurais prévenu que tu venais faire une trempette, j’aurais amené mon maillot. »

    Il avait lâché cette phrase en criant presque, pour couvrir la distance qui les séparait. Puis, d’un pas rapide, il rejoignit sa copine dans la flotte, la serrant aussitôt dans ses bras en guise d’accolade.

    Raphaël – « Bon matin, ma belle.»

    Ça commence par une note. Mais ça se termine toujours…

_________________
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Marie-Amélie Dreams

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MessageSujet: Re: {Raphi} Instant éphémère   Ven 4 Déc - 15:15

"A chaque jour suffit sa peine". Jolie phrase, jolie philosophie, non ? Peut-être. Je ne saurais transcrire l'opinion d'une majorité, cependant je peux juger de son absurdité aux yeux de Marie-Amélie. Ne pas penser au futur, n'est-ce pas stupide ? Certes. Vivre au jour le jour ne présente d'intérêt que si le présent vaut la peine d'être vécu et si l'avenir est sûr. Avoir un but ne permet pas de certitude, juste des hypothèse, des rêves, des objectifs à atteindre. Quand on est jeune, on a la vie devant nous, l'avenir nous tend les bras, alors pourquoi se contenter du présent ?
Foutue vie. Marie-Amélie avait eu des rêves, comme tout le monde. Petite, elle voulait être une princesse, un peu plus tard, c'était chanteuse qu'elle souhaitait, adolescente, l'idée même de devenir une grande pianiste la faisait rêver. Aujourd'hui, son avenir est un néant, sombre, une faible lueur au milieu, et cette voix, cette voix qu'elle ne reconnait pas qui l'appelle. Encore. Et encore. Un cauchemar. Son avenir n'était qu'un absurde et improbable cauchemar. Elle avait peur de s'endormir, dans la crainte de ne pas se réveiller, la mort devenait chaque jour de plus en plus présente dans son esprit, obnubilant ses pensées, lui rappelant chaque fois son extrême vulnérabilité. Désormais, son rêve à elle, c'était d'avoir le temps de vivre.
Do.Fa.Mi.Sol, les notes dansaient dans sa tête comme un tourbillon de points colorés. L'inspiration était si rare dernièrement, elle buvait ses instants avec délice. L'eau devait être froide, elle n'en était pas sûre. Mille perles de diamants brillaient sur le lac, reflet du soleil sur l'onde claire. Mais Marie perdait la notion du temps, le soleil n'allait pas tarder à se coucher, il était tard. Elle aurait du dîner avant de sortir. Elle avait oublié. Elle oubliait beaucoup de choses dernièrement. Foutue tumeur. Elle était perdue, auréolée de ce soleil orange, mais perdue.
Une voix, derrière elle, mit fin au ballet des petites notes de musiques. Une voix trop connue. Trop espérée. Elle se mordit la lèvre. Lui. Son coeur s'accéléra, elle inspira lentement et pivota sur elle-même. Gagné. Elle sourit, elle n'était même pas sûre d'avoir entendu ce qu'il avait dit, tant elle perdait les pédales, à chaque fois.
Et puis la pression retomba, brusquement. Il était là, juste à côté d'elle. En ami. Pire. A chaque fois qu'il lui disait bonjour, elle retenait ses larmes, à chaque fois qu'elle voyait son sourire, son coeur explosait. Mais il était lui. Un ami. Elle n'avait pas le droit de lui dire ce qu'elle pensait. Elle n'avait pas le droit de lui infliger ça. Cette lutte qu'elle menait contre elle-même était pire que le cancer, elle se battait pour le préserver, et pour ne pas perdre ce qu'elle avait déjà. Elle aurait été tellement égoïste de tout avouer.
Elle leva ses grands yeux verts vers lui, visiblement un peu pâle. La fatigue, toujours. C'était son excuse, pour les pertes de mémoire passagère, les malaises, la pâleur, les maux de tête. Une excuse bien fragile, au fond. Menteuse. Cachotière. Elle faisait sûrement une erreur, sans en avoir conscience, mais qui était-elle pour infliger la perte d'une amie à ceux qu'elle aimait ?


Bonjour !


Elle sourit, se souvenant un instant qu'une année plus tôt, elle l'aurait probablement poussé dans l'eau pour qu'il tombe et soit trempé. Juste pour s'amuser. Mais l'idée ne lui plaisait qu'à moitié, aujourd'hui.

Tu aurais pu me demander de sortir de l'eau, tu sais !

Elle soupira, un peu désolée. Il restait son ami, malgré les sentiments, et c'était ça l'important. Qu'il puisse lui faire confiance et compter sur elle. Si elle en souffrait, c'était par pur choix personnel. Parce qu'il passait avant, tout simplement.
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Raphaёl W.Hyadum
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MessageSujet: Re: {Raphi} Instant éphémère   Jeu 10 Déc - 0:28


    Des mots. Les humains ont la mauvaise manie de parler toujours davantage que nécessaire, comme s’ils pouvaient noyer leur ennui sous une montagne de phrases. Pourtant, certains gestes, certaines manies, sont bien plus significatifs que toutes ces balivernes qui glissent sur nos lèvres. Après sa salutation, l’homme observa attentivement sa copine, haussant les sourcils d’un air désapprobateur en constatant que celle-ci n’avait pas perdu sa pâleur habituelle. Il lui semblait que dans le passé, les choses n’étaient pas ainsi…Une vive envie de la réprimander traversa son esprit mais il se retînt, se remémorant l’excuse qui, inévitablement, lui serait servit. La fatigue… Lui-même n’était-il pas souvent victime d’insomnie, après des nuits où les cauchemars se succédaient, dans un rythme afférant ? Son amie ne mentionnait jamais le prénom d’Elena, ne cherchait pas à lui soutirer des confidences lorsque son visage se renfrognait au souvenir de sa douce…De-même, il se devait de respecter son silence et de ne pas chercher à découvrir la véritable raison de sa blancheur. C’est ce qu’elle préfèrerait, non?
    Quoique, allez savoir… Les filles ont la mauvaise habitude d’agir à l’inverse de leurs pensées. Ainsi, un ‘ ça va’ pourrait très bien signifier ‘ je vais très mal, mais je fais la courageuse. ‘ Enfin. Il n’allait sans doute pas parvenir à démystifier la psychologie féminine en une seule journée. Fort de ses convictions, il prit son amie par la main, pour l’entraîner vers le rivage, là où l’eau ne viendrait plus lécher leurs orteils.

    Raphaël – « Satisfaite ? » lâcha-t-il avec un sourire en coin, tout en laissant glisser ses yeux vers les vêtements d’une blancheur immaculée qui drapait sa copine. Un ange… Cette pensée semblait l’obséder, aujourd’hui. S’envoler, rejoindre sa bien-aimée… Tant de possibilités, tant de scénarios qui ne se réaliseront jamais. Parce qu’elle n’était plus là, parce qu’elle avait pris un aller vers le ciel, en oubliant le billet de retour. Erreur à la con. L’adulte secoua doucement la tête, s’efforçant de rester concentré.

    Raphaël – « C’est une belle robe. »
    Il n’y avait pas d’arrière-pensées. Simplement le désir de voir le visage de son amie s’éclairer, ne serai-ce que quelques secondes. Elle lui semblait triste, ces jours-ci. Or, dans son absence de perspicacité, il n’arrivait pas à en saisir les raisons. Un homme qui lui causait des soucis? Cette réflexion lui donna presque aussitôt envie de rire. À sa connaissance, Marie n’était pas de ces petites écervelées qui tournaient autour des musiciens les plus célèbres du campus, dans l’espoir de les charmer. Une telle situation lui aurait sans doute déplût, d’ailleurs. Il détestait ces dragueurs bon-marché qui pensaient avoir tous les droits sur la gente du sexe opposé.

    Il dérivait. Encore. Son regard se fixa sur sa main, qui tenait toujours fermement celle de son amie. Il la laissa tomber avec douceur, avant de s’adresser de nouveau à la jeune femme :

    Raphaël – « Pour ou contre un café dans ma chambre, histoire de se réchauffer? »

    Peut-être pourraient-ils également passer dans le studio et jouer en duo… Raph’ étira son sourire. Finalement… la soirée s’annonçait bien.

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MessageSujet: Re: {Raphi} Instant éphémère   Jeu 10 Déc - 21:49

Oh rage, oh désespoir ! Ces vers de racines vinrent soudainement à l'esprit de Marie-Amélie. Si vrai, si fort. Foutue vie. Devrait-elle se le répéter jusqu'à sa mort ? Bah, ce n'était pas dans si longtemps après tout. Il lui prit la main, elle frissonna. Erreur. Se mordant la lèvre à sang pour ne pas faire de bêtise, elle le suivit jusqu'à la terre ferme. Elle réalisa soudainement qu'il faisait froid, dehors. Ou peut-être était-ce dans sa tête ? Elle n'en savait rien. Elle sourit.

Humm on peut dire ça, oui, l'eau commençait à être froide

Et puis, je ne voulais pas que tu attrapes froid à cause de moi. Non, ça, elle l'oublia. Elle l'oublierait. Mais il ne l'aidait vraiment pas. A la regarder comme ça, à lui faire des compliments, à la tenir par la main. Elle avait envie de s'enfuir. De lui tourner le dos de partir. Mais elle ne pouvait pas, ne devait pas.

Merci!

Musique. Musique. Musique. Penser à une mélodie, pour s'empêcher d'y penser, s'empêcher d'en parler. Mais quand il la regardait, son coeur se déchirait, son corps ne lui obéissait plus. Elle maitrisait. Faisait comme si de rien était. MUSIQUE !
Le contact de sa peau, sa voix, sa présence, elle aurait pu craquer, tout lui balancer à la figure. Sentiments. Cancers. Tout. Elle se sentait au bord du gouffre dès qu'elle croisait son regard, et plus le temps passait, et pire c'était. Le temps ne guérit pas de l'amour, ni du cancer d'ailleurs.
Il ajouta quelque chose, sur un café, sa chambre, elle ne comprit pas bien, une voix dans sa tête venait de prendre toute la place. Lui chuchotant sans cesse 'vas-y, vas-y, vas-y'. Elle porta les mains à sa tête et crissa des dents.


Tais-toi !


Elle releva les yeux. Réalisa. Elle avait crié. Crié pour de vrai. Se mordant la lèvre légèrement gênée, elle aborda un sourire de contenance, jurant intérieurement.


Je... Pardon


Répondre, faire comme si rien ne s'était passé, zapper l'évènement pour faire semblant d'aller rien. Chercher une excuse pour expliquer 'ça'. La fatigue ne donnait pas d'hallucination ? Bah, il ne pouvait pas savoir ce qui avait déclenché son cri. Peut-être les criquets après tout... Peu envisageable, peu crédible, mais bon. Trouver autre chose pour ne pas 'lui' dire. Ne pas 'le' faire souffrir. Rester elle-même, et mentir, pour ne pas se trahir.

Va pour le café, mais pas aussi fort que la dernière fois, hein !

Elle lui fit un clin d'oeil et attrapa ses chaussures qu'elle enfila rapidement. Revenant vers lui, elle l'attrapa par le bras, avec un petit sourire moqueur. La dernière fois qu'elle avait pris un café avec lui, elle avait cru ne jamais pouvoir redormir, tellement il était fort. Enfin, ce n'était pas sa faute à lui, puisque c'était à la cafétéria, mais quand même.
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MessageSujet: Re: {Raphi} Instant éphémère   Ven 11 Déc - 0:04



    C’était pourtant une proposition très innocente. Prendre un café, bavarder, jouer un peu de musique… Ils pourraient s’asseoir sur son lit, comme ils l’avaient fait si souvent. Il enclencherait alors son stéréo, et la sonate Au clair de lune, de Beethoven, jaillirait des haut-parleurs…Pourquoi cette phrase alors ? L’adulte haussa un sourcil interrogateur, se reculant instinctivement d’un pas. Qu’avait-il dit qui aurait pût brusquer la jeune femme ou la frustrer ? Le compliment sur sa robe ? Lui demander de venir dans sa chambre ? Elle savait qu’il n’était pas un de ces goujats qui cherchent à l’écrouer dans un piège de possession alors comment…?

    Bon sang. Il ne comprenait rien aux filles, c’était un fait. Leurs humeurs, leurs comportements, leurs pensées…C’était un univers qui lui échappait complètement, qui glissait dans les méandres du temps pour se perdre à jamais. Ne sont-elles pas un mystère, que nul homme ne peut résoudre ? Il ne serait sans doute pas le dernier à échouer, démuni devant tant de différences. Le musicien arrêta un instant ces fustigations en constatant que sa bonne amie avait viré de cap, s’excusant. Aeumh.

    Raph - « Marie… »

    Il allait devoir s’y résoudre. À poser la fatidique question. Sinon, il allait sans doute devoir se coltiner encore des paroles qui lui sembleraient creuses. Ou pire, à endurer le visage de plus en plus pâle de la jeune femme. Oui. Au moins, il serait fixé..Ses yeux descendirent de nouveau vers son amie qui venait de l’attraper par le bras, mine de rien. Tant pis. Ça ne devait pas si grave, non ? Ne pas trop chercher à savoir…C’était bien souvent la meilleure solution.

    Ses cheveux ondulaient derrière elle, au gré des mouvements du vent. Il la suivait en courant, un sourire sur sa bouche. Ils riaient. Il la prit soudain par la taille, la précipita sur le sol avant de couvrir son corps de baisers. Elle le regardait, les yeux étincelants, remplis de cette gaieté qui lui était coutumière. Il s’approcha de son oreille, lui murmura qu’il l’aimait…Et le décor changea. Elle était couchée sur le sol, son corps tordu dans une position bizarre. Son regard était vide , comme si son âme avait déjà déserté la Terre. Une flaque couleur rubis recouvrait la route, conférant un air davantage lugubre à ce spectacle déjà si sinistre. Du sang coulait de sa bouche et de sa poitrine ; une voiture couvrait une partie de ses jambes, l’enserrant d’un étau mortel. Il était face à elle, les mains rouges de ce liquide qui fuyait la chair de sa bien-aimée.

    Autour de lui, les gens affluaient, sortaient de leurs maisons. Il se pencha vers elle, tenta de la dégager de la structure mécanique qui la tenait prisonnière. Il s’acharnait, poussant, vociférant. On tenta de le raisonner, de l’éloigner de ce lieu qui serait désormais porteur d’un drame. Mais l’homme n’écoutait pas, il était en transe ; il saisit la tête de la jeune femme, lui promit de se faire pardonner si elle voulait bien se réveiller. Un râle de désespoir jaillit de sa gorge lorsqu’on le tira vers l’arrière, l’obligeant à se redresser. Il lutta, cria…

    Des blouses blanches le traînèrent presque de force vers un véhicule orangé, pestiférant contre cette « tâche supp’, pas payé pour m’occuper des dingues moi .» L’adulte ne captait plus les syllabes, se perdait dans les mots. Il ne regardait que les badauds qui s’attroupaient et la civière qui approchait du corps de sa bien-aimée. À nouveau, il tenta de se dégager, distribuant à tout hasard des coups de pieds. L’homme mordait les mains, frappait avec la rage du désespéré. Au loin, on embarquait la femme dans l’ambulance, comme si l’on cherchait à se débarrasser du malheur en l’emportant ailleurs. Quant à lui, il avait réussi à se dégager, courant vers le chariot avec déréliction, un ouragan dans le cœur et l’orage dans les yeux. Il voulait savoir…


    Raph’ secoua la tête, soucieux de se débarrasser de ce mauvais souvenir. S’en tenir aux faits, ne pas toujours tenter de découvrir la vérité…Telle était devenue sa maxime par la suite. Les images collaient encore à ses rétines, le hantait. Le sang, son corps… Merde. Oublier. Vite. Se divertir… N’importe quoi. Pour chasser ses fantômes… L’homme tourna son visage vers Marie, l’air hagard. Ses cheveux, sa bouche…Elle était tout de même jolie. Non! C’était sa confidente ! Une automobile arrivant à toute vitesse, les cris…Putain! Changer ses pensées. Combattre le feu par le feu…Ses pas s’accéléraient malgré lui et ils furent bientôt dans le hall.

    L’amener dans sa chambre…Glisser ses doigts dans sa chevelure, sur sa peau, éliminer, même temporairement, ces évocations glaciales qui semaient le zizanie dans son âme…Regretter, ensuite.

    C’était pourtant une proposition très innocente.

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MessageSujet: Re: {Raphi} Instant éphémère   Ven 11 Déc - 1:11

Un amour impossible Qui devient possible, C'est tout un monde qui s'écroule. Cette citation qu'elle avait lu un jour prenait tout son sens depuis quelques mois. Elle ne se souvenait pas de comment c'était avant, et n'imaginait pas ce que cela pourrait être si elle obtenait ce qu'elle voulait. Elle avait choisi le moindre mal. Le moindre mal. Un mal quand même. Marie comprit assez vite qu'il avait pris sa remarque pour lui, alors qu'elle ne faisait que faire taire les voix. Elle s'excusa bien, tâchant de faire comme si de rien était, mais un sentiment de malaise perdura. Elle savait qu'elle devrait le lui dire, lui parler, avouer. Elle sentait que plus elle mentait et pire c'était. Mais comment lui dire ? Comment avouer ? Saurait-elle trouver les mots ?
Elle garda le silence, incapable d'en rajouter, incapable de dire un mot. Mais son père s'était tu, et même après la mort, elle continuait de le maudire pour ça. Avait-elle le droit d'infliger cette douleur à Raphaël ? Partir, un jour, sans idée de retour ? Elle n'avait pas le droit non plus de lui faire ça. Même s'il n'en parlait que très rarement, elle savait ce qu'il s'était passé avec Elena, et ne pouvait imaginer lui infliger une nouvelle perte. Avait-elle le choix ? Certainement pas. Jamais. Pas une seule fois depuis sa naissance elle n'avait eu le choix. La mort de sa mère. La mort de son père. Son amour pour lui. Elle n'avait rien choisi. Mais elle ne s'en plaignait pas. On ne joue pas contre le destin. C'est impossible.
Quelque chose l'alarma alors. Son ami avait un air bizarre et semblait perdu dans ses pensées, pensées pas très agréables en soi, vu sa tête. Elle pressa un peu son bras, mais cela ne sembla pas le toucher. Que pouvait-il se passer dans son esprit ? Elle aurait voulu l'aider, mais les mots ne sortaient pas, par peur de sa réaction, sûrement. Toujours est-il qu’elle assistait impuissante à une scène assez étrange.
Mais le pire n’était pas là. Le pire fut ce premier regard, qu’elle ne comprit pas. Il n’était pas vraiment lui, elle le sentait bien. Elle connaissait ce regard, c’est vrai. Elle l’avait déjà vu par le passé, chez d’autres gens, et sûrement pas posé sur elle. Elle ne pouvait pas comprendre pourquoi il la fixait comme ça. Elle baissa les yeux, rougissant violement, sans ouvrir la bouche avant d’arriver dans le hall. Mais là elle n’y tint plus. C’était trop bizarre, vraiment trop… trop anormal. Instinctivement, Marie lâcha son bras et recula d’un pas, perdue, l’interrogeant du regard, son cœur s’accélérant à nouveau. Avait-elle peur ? Peut-être un peu. Mais ce n’était pas pour elle qu’elle s’inquiétait. C’était pour lui, pourquoi agissait-il de manière si… elle ne savait même pas comment qualifier ce qui se déroulait sous ses yeux. Elle aurait tout fait pour lui, pour l’aider, si au moins il lui parlait, si elle savait ce qu’il se passait. Mais c’était le flou, le noir, et elle se cramponnait de toutes ses forces au peu de courage qui lui restait pour ne pas perdre les pédales. Respirer. Lentement. Garder son sang froid. Se calmer. Sourire, toujours sourire, p*tain de sourire de merde. Ça sonnait tellement faux, c’était pathétique.

Raph ? Je… ça va ?

Les joues cramoisies, le teint toujours pâle, Marie plantait ses yeux verts dans le regard de son ami avec détermination. Hors de question de partir, de s’enfuir, de le laisser là, juste parce que c’était… bizarre. Hors de question de le laisser seul, elle voulait être là, en connaissance de cause, en connaissance des risques. Juste parce qu’elle était elle et qu’il était lui. Seule raison de ses sentiments, et seule raison de ce faux semblant de courage, parce qu’elle connaissait ses limites, et déjà, la petite voix revenait, lui murmurant à l’oreille des choses qu’elle n’osait imaginer. Elle voulait lui dire de se taire, mais ne voulait pas compliquer les choses. Elle passa sa main dans ses cheveux, un peu gênée. Tellement gênée, d’avoir envie de profiter de la situation. Mais ça, c’était une chose qu’elle ne pouvait cautionner, et c’était pour ça qu’elle campait farouchement sur ses positions. Elle n’avait rien à y gagner, si ce n’était plus de mal.
Maudit soit le cancer, qui la faisait prendre conscience de désirs qu’elle ne voulait pas connaître. Maudit soit le cancer qui l’empêchait d’assumer. Maudit soit-il, lui, pour la tenter.
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Raphaёl W.Hyadum
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MessageSujet: Re: {Raphi} Instant éphémère   Sam 12 Déc - 19:10


    Il ne faut jamais sous-estimer les souvenirs. Ceux-ci ont bien souvent le pouvoir de déstabiliser le plus dur des hommes ; de faire pleurer la plus coriace des femmes. Ils peuvent détruire une relation, anéantir un présent, inhaler un futur. Ils rendent tantôt fou, tantôt joyeux. Leur portée est sans limite, leurs conséquences, irréparables. Ils viennent inopinément, souvent dans les mauvais moments, avec un but bien précis…Gâcher à jamais des instants qui ne reviendront pas, par des vestiges indésirables de ce qui a déjà été. On les déteste, on les aime. Mais c’est ainsi…Il est impossible de s’en débarrasser, sans se duper soi-même. Et c’est justement ce que Raph’ cherchait désespérément à faire, alors que de fantomatiques scènes surgissaient dans sa tête. En rafale. Soudainement. Comme pour le déstabiliser, l’empêcher d’oublier ne serai-ce que quelques secondes qu’Elle avait existée.

    Sa tête reposait sur ses genoux. Le jeune homme caressait doucement ses cheveux, en regardant au loin. Le ciel était bleu, l’herbe était verte, il faisait bon. C’était dimanche, ils revenaient tous deux d’une promenade dans les champs. Un film. Leur existence était un film, où un dénouement heureux les attendait certainement. Ils étaient ensemble depuis plus d’un an, aujourd’hui. Tant de bonheur, de sourires, de baisers échangés… Il lui était fidèle, oh oui! L’inverse aurait été impossible. Lorsqu’on aime tant, on ne peut envisager ne serai-ce qu’une minute de blesser l’autre. Le musicien baissa les yeux sur sa douce, posa ses lèvres sur ses joues rosées. Elle éclata de rire, tourna son visage vers lui, en tendant sa main en direction de la-sienne.

    Elena - « Tu me feras des enfants plus tard, Raph’?»

    Le pianiste rougit un instant, intimidé par la question. Il y avait déjà songé, en faite. À Elle, le ventre gonflé, une ribambelle de gamins cherchant à toucher celui-ci. Ils auraient son regard, bien sûr. Des petites billes couleur océan, où il irait se perdre, à l’occasion. Et ses cheveux. Des boucles soyeuses, tombant de chaque côté de leurs visages. Sa douceur. Un brin du caractère de leur père, peut-être. Et le goût de la musique.

    Raph- « Autant que tu en voudras, ma chérie. »

    Des tonnes, si elle le désirait. Et ils iraient pique-niquer le weekend, comme une vraie famille. Dans l’après-midi, il s’installerait devant le gigantesque piano qu’ils auraient acheté - un à queue, rien de moins – et ils danseraient, danseraient… L’adulte serra les doigts autour d’une petite boîte, hésitant. Plus tard. Ce n’était pas tout à fait le moment.

    Ils se levèrent. Marchèrent. Le soir était tombé, les étoiles avaient conquis le ciel, s’y étaient installées comme des maîtresses languissantes. Brillantes. Il lui fît une déclaration enflammée, inspiré par le paysage. Elle lui fît jurer de l’aimer à jamais. Il promit. C’était simple. L’amour, dans toute sa splendeur, toute sa beauté. Et ses mensonges. Parce que rien n’est parfait, ce n’est que des illusions. On se trompe soi-même, c’est plus facile. Ils se regardèrent un instant, isolés du reste du monde. Leur vie est un film, vous avez oublié? Mais les fins ne sont pas toujours heureuses… Il sentit qu’il devait le faire. Là. Immédiatement. Que c’était l’instant magique qu’il attendait patiemment depuis des jours. Il sortit l’objet de sa poche, le laissant luire dans l’obscurité, rivalisant de grandeur avec ces luminescences qui éclairaient la nuit. Le visage de sa douce s’éclaira d’espoir, il sourit, ouvrit la bouche…Puis ce fût l’horreur.


    Lutter. Chasser ses pensées, empêcher la suite de pénétrer son cerveau, de le détruire à nouveau. Pourquoi maintenant? Il posa un regard suppliant sur Marie, qui semblait elle-même au comble de l’incompréhension. Il allait faire une bêtise, il le savait. Pour faire disparaître ces réminiscences qui tentaient de s’immiscer de nouveau dans sa tête. Éviter les remords, la souffrance qui suivait inévitablement à chaque fois qu’il y repensait. Parce qu’il était responsable, il le savait. Parce qu’il croyait que tout pouvait être parfait.

    Elena- « Attention!»
    Il fût poussé de côté, sur le sol. Dans les airs, la bague s’envola, faisant resplendir ses joyaux une dernière fois. Vînt ensuite le bruit. Dégueulasse. Celui de la carrosserie qui se mêle aux os, celui des cris qui percent le silence, brisent son cœur. Et le choc. L’impuissance. Et la réalité, qui frappe de plein fouet, reprend ses droits, le narguant presque : ‘’ Je serai toujours plus forte que toi.’’


    Il buvait, habituellement. C’était la seule solution, pour duper les regrets, les souvenirs. Il se soûlait jusqu’à oublier qu’il était coupable, jusqu’à ce qu’il sente l’inconscience le prendre, le sauver de cette putain de vérité qui cherchait à l’enchaîner. L’homme peut s’enivrer de plusieurs façons….; il n’avait pas d’alcool à disposition. Qu’une femme. Une amie. Une confidente. Mais il s’en foutait. Le musicien délirait, ne pensait qu’à se sauver de la prochaine vague. Courir, pour ne pas se détruire. Et s’enfoncer davantage. Il fît un pas vers Marie, approcha dangereusement son visage du sien. Pardonne-moi. Il n’attendit pas d’approbation, ne chercha pas à être doux. Égoïste. Oublia un instant la confiance qu’elle lui accordait. Traître. Il prit ses lèvres, l’embrassant avec force, avec violence. Avant de se ressaisir, d’y mêler la tendresse.

    Salaud.

_________________
" Bébé, t'as dit plus jamais ça...Putain mon amour, la vie n'a pas de sens, elle bouge, elle tourbillonne, mais elle n'a pas d'sens. Oublie ce que t'as vécu, oublie s'que t'as dans le ventre. J'me rappelle, ma mignonne, t'as dit plus jamais ça...''


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Marie-Amélie Dreams

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MessageSujet: Re: {Raphi} Instant éphémère   Sam 12 Déc - 22:48

Parfois, quand il faut lutter pour deux, la force nous abandonne, et on a l’impression que tenir l’autre à bout de bras devient de plus en plus difficile, voire impossible. Il y a des jours où malgré la détermination, malgré l’espoir, on baisse les bras. Baisser les bras. Comme si c’était facile. Renoncer. Prier pour que les autres trouvent la force. Espérer. Vivre enfin, un semblant de vie, pâle, flou, à peine perceptible. Respirer. A quoi bon lutter contre le destin ? Abandonner.

Pourquoi fuir toujours, face à l’écrasante destinée ? Pourquoi ne pas se laisser porter sur les flots de la vie, incontrôlables, sans faire semblant de pouvoir les changer ? Marie avait compris, trop jeune peut-être, que ce n’était pas à elle de construire sa vie, mais à sa vie de la détruire. Alors que pour elle, le temps devenait précieux, rare, de plus en plus fuyant, elle cherchait à l’inverse à rendre aux autres ce qu’elle perdait. Aider à avancer. A réussir. A rêver. A réaliser peut-être ce qu’elle-même ne pourrait jamais faire. Quelque chose d’anormal se passait. Elle le savait, elle le voyait, elle le sentait. Terrifiant. Tentant. Ce n’était pas bien. Hors de question de prendre des risques avec son amitié. Le faire fuir, elle n’y survivrait pas. Tenter de comprendre, il ne parlait même pas. Comment pouvait-elle savoir ce qu’il se passait dans sa tête, comment imaginer enfin ce qu’il projetait de faire ? Elle imaginait bien la cause de son mal, il n’était pas difficile de le voir. Souvenirs, quand tu nous hantes… Traitre passé qui vous martèle de questions, de regrets. Mais elle n’avait rien à voir là-dedans, elle n’avait pas à y être mêlé. Les voix dans sa tête résonnaient encore. Elle les chassait.
Pas un seul instant, elle n’avait imaginé que cela ira si loin. Si elle avait su, elle se serait préparé, elle aurait trouvé la force de résister à ses propres sentiments pour le repousser. Pour le préserver d’une erreur tragique. Fatale. Mais elle n’avait pas su. Elle n’avait pas anticipé. Et quand elle réalisa ce qu’il se passait, c’était déjà trop tard. Elle avait si souvent imaginé cet instant, si souvent rêvé des circonstances, et jamais cela ne s’était passé comme ça. Mais elle n’avait pas la force, ni la volonté, de lui dire non. Elle jouait avec le feu, profitait d’un moment de faiblesse. Profiter. Fermer les yeux, se perdre, oublier les pourquoi. NON ! Il ne fallait pas.

Maudite voix qui répétait d’être déraisonnable. Elle était si faible, et lui ne savait pas ce qu’il faisait. Il ne se rendait pas compte de la portée, des conséquences de son acte. Il ne pouvait décemment pas être conscient de ce qu’il venait de faire. Profiter. Non. Souffrir, encore, elle ne le pouvait pas, elle ne le pouvait plus.
Lucide. Elle était lucide, consciente, seule des deux à pouvoir encore limiter les dégâts, déjà trop grands. Ses lèvres… Elle n’y arrivait pas. Les larmes déjà coulaient incontrôlées sur ses joues cramoisies. Larmes. Salées. Brûlantes. Douleur. Souffrance. Elle n’avait pas le droit d’y prendre du plaisir. Elle n’avait pas le droit de prolonger ce baiser qu’elle ne méritait pas. Qui n’était pas pour elle ni pour ce qu’elle était. Au fond, au fin fond d’elle-même, elle en avait conscience. Mais comment, comment trouver la force de briser la magie d’un instant qui ne se reproduirait jamais ?
Il le fallait. Elle n’avait pas le choix. Rassemblant le peu de courage qui lui restait encore, elle recula brusquement, et tourna le dos, les larmes coulants à flot le long de ses joues. Courir. Partir. S’enfuir. Tout, tout sauf affronter son regard de nouveau. Tout sauf avouer que cela représentait tout pour elle. Tout sauf lui dire qu’il n’avait pas le droit de lui faire ça, à elle. Elle n’était pas n’importe qui. Elle n’était pas une fille de passage. Elle était Marie, et elle ne voulait pas, non, surtout pas, être un autre nom sur sa liste. Parce qu’elle était elle, et qu’elle en souffrirait trois milles fois plus que n’importe quelle autre.

Trouver la force, encore, d’assumer. De lui parler. De lui pardonner. Encore. Bouillonnante, elle venait de se perdre. Les échos de ses pensées hurlaient dans sa tête. S’énerver, lui reprocher, pour faire semblant. Pour faire comme si. Les regrets, aussi. Pourquoi abandonner, alors que le temps… le temps lui manquait tant. Profiter. Parce qu’elle avait fait ce choix pour lui, pour eux. Parce que si elle se retournait pour le voir, elle aurait envie, encore, de ses lèvres, de l’embrasser.
Elle se mordit la lèvre, à sang, fixant loin devant elle avait de lui faire face, lentement. Ce n’était pas comme si elle avait l’air choquée, ou honteuse. Elle était juste là, le regardant d’un air creux, trop vide. Affreusement vide en fait, comme ça lui arrivait parfois. Elle secoua ses cheveux, reprit le dessus, pleurait peut-être encore, et peut-être pas. Inconscience. Vite, une gomme, effacer, oublier, repartir en arrière, course contre le temps, recommencer. Too late.
A cet instant précis, elle aurait eu besoin de son ami. Mais clairement il n’était pas là, ce n’était pas lui, c’était un autre, un autre dans son corps, lui n’aurait pas osé. Elle l’espérait, du moins. Migraine. Encore. Elle avait abandonné, face à la maladie. Elle avait arrêté le traitement qui la maintenait en vie. Quelques mois de plus n’en valaient pas la peine. A cet instant précis, elle aurait voulu que le temps s’accélère, arriver à la fin, juste pour abréger le doute, atroce. Elle le fixait, sans ciller, sans bouger, tremblante, de froid d’abord, nerveusement, aussi. Faible. Espérant, espérant de toutes ses forces qu’il dirait, ou ferait, quelque chose. Briser la glace, le silence.

Goûter à ses lèvres avaient été comme mordre dans une pomme empoisonnée. Divine faiblesse, maudite torture, fuite en avant du temps sans possibilité de retour. Horreur. Folie. Fol amour enfin, désolation. Les grecs dans leurs tragédies auraient pu avoir écrit cette scène. La folie. La passion. La mort. Tout y était sans y être vraiment. Tableau maudit. Heure tragique. Souffrance éternelle.

Espérance.
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